Partager l'article ! Notre F10 du projet Wokipi en Mongolie: Les Mouchagues que nous avions épinglés à notre tableau d'honneur, nous ont envoyé leur premier ...
Les
Mouchagues que nous avions épinglés à notre tableau d'honneur, nous ont envoyé leur premier récit
de voyage. La FFVL qui encourage leur initiative de représentation du cerf-volant en France à travers leurs voyages aux longs cours, leur avait remis quelques cerfs-volants pilotables du projet
Educ'en ciel. Je pense que nos instances fédérales étaient loin de se douter que les couleurs fédérales voleraient entre les mains des enfants de Mongolie ou du
Kazakhstan.
Partir sur les routes pour plusieurs mois, sortir nos cerfs-volants au gré de nos rencontres … Nous en rêvions depuis des années … Wokipi l’a fait : 170 jours sur les routes en Asie Centrale, 32 000 km, des variations de températures de -2°C à +50°C, un décalage horaire de 8 heures, de nouvelles saveurs à découvrir et de nouveaux amis dans notre carnet d’adresses.
Wokipi, World Kite Picture, c’est notre projet de voyage autour du monde avec pour fil conducteur celui de nos cerfs-volants. Nous venons d’accomplir la première étape, en roulant vers les grandes steppes de Mongolie.
Notre compagnon de route, Woki, est un Toyota, transformé par Desert Tec, un aménageur allemand habitué aux grands raids. Ainsi ce véhicule utilitaire devient un mini « camping-car » de quelques mètres carré dans lequel nous allons vivre plusieurs mois.
L’aménagement intérieur tient compte des coffres pour les mallettes spéciales aéro-photo : 3 nacelles, dont 1 auto KAP, 1 radio-commande, et 3 appareils photos : Canon Ixus 860 IS, Ricoh GX200 et GoPro HD .
Notre ami Bruno Tondellier (Ventcourtois et FFVL) a fabriqué un coffre, fixé sur la paroi extérieure de Woki, pour accueillir nos cerfs-volants : quatre pour le KAP (1 Rokkaku, 1
Delta R8 de Dan Leigh, 1 Sutton Flowform 16 de KapShop et le F10, Delta Conyne modifié de « Michel Trouillet and Co. », cerf-volant maniable par
vents forts et d'une capacité ascensionnelle remarquable même en zone perturbée) et quatre cerfs-volants pour piloter et faire de l’initiation avec les enfants que
nous rencontrerons sur notre route : 2 petites voiles de traction et 2 pilotables AcroKites, au logo d'Educ'en Ciel offerts par la FFVL.
Les préparatifs, J-2, nous classons les papiers à emporter, préparons les cartes et les guides... Ca commence à sentir le départ !! Ce qui est impressionnant c'est que nous préparons beaucoup de "petites choses qui ne prennent pas de place" mais au final Woki est plein comme une outre.
Dimanche 15 mai, le départ !! Ni Patrick ni moi ne réalisons réellement que nous prenons la route pour plus de 6 mois.
Le voyage
Nous avons passé en tout 42 jours en Russie, 16 en Mongolie, 35 au Kazakhstan, 11 au Kirghizstan, 13 en Ouzbékistan et 53 en Europe. Ce récit est consacré à nos activités cerfs-volants en Russie, Mongolie et Ouzbékistan.
Russie - A la frontière, après 9h00 d’attente, nous prenons vraiment conscience que nous réalisons notre rêve. A partir de Moscou
nous empruntons la Transsibérienne, longue, très longue route qui nous fera découvrir de magnifiques villes comme Suzdal et Kazan, franchir les cols montagneux de l'Oural. Elle ressemble à
un long ruban (souvent chaotique) qui traverse des forêts de mélèzes. Elle ne permet pas de s’arrêter facilement et encore moins de sortir nos cerfs-volants. Comme il n’y a pas d’infrastructure
touristique adaptée à notre mode de voyage, nous adoptons le mode de vie des routiers et en dehors des villes nos seuls refuges pour la nuit sont leur parking.
La Transsibérienne nous mènera, après 3 semaines de route difficile au Lac Baïkal. C’est notre première vraie pause.
Nous installons notre bivouac dans le petit village de pêcheurs de Posolkoe, attirés par la très belle église, Spaso-Preobrazhensky.
Et nous avons aussi et surtout du vent et de l’espace pour faire notre première séance de photographie aérienne. Nous utilisons le Flowform et pour les prises de vues le canon Ixus puis le Ricoh GX200.
Le week-end, les bords du lac sont plus animés. Quelques voitur es avec des petites tentes s’installent. Ambiance familiale et conviviale. Nous sortons uncerf-volant pilotable. A coté de nous une famille avec des enfants. Nous faisons signe au plus jeune en lui montrant le cerf-volant. Il ne se fait pas prier.
Eolena passera le reste de l’après-midi avec nous. Sans parler la même langue, il comprend vite, décolle le
cerf-volant, fait seul ses nœuds «tête d’alouette». Notre petit cerf-volant pilotable AcroKite est bien adapté à l’initiation. Il est
maniable, léger et sèche très vite ! Il aura été baptisé plusieurs fois dans l’eau du lac. Le soir, les parents nous offrent
deux beaux poissonsqu’ils viennent de faire cuire au barbecue. Un régal ! Mais notre grande récompense c’est le sourire d’Eolena quand il explique à ses grands frères comment manipuler le cerf-volant.
Le lendemain matin il ne fait que 14°C, il fait toujours frais au bord du lac, mais le soleil promet et le vent est déjà là. Notre petit voisin aussi. Patrick sort une petite aile. Eolena s’y met très vite mais le vent forci. On ressort cette fois deux pilotables et avec Patrick, ils volent en team. Très doué ce petit, il va rester accrocher aux lignes plusieurs heures. Comme Eolena est autonome, nous le laissons voler seul et nous démarrons une nouvelle séance KAP (flowform Cannon Ixus)
Le long de la route nous avons vu quelques fois des petits vendeurs qui proposaient des tentes, des bouées, des cerfs-volants monofils pour les enfants. Nous n’avons pourtant jamais vu de cerfs-volants dans le ciel de Russie.
Mongolie - Les paysages de Mongolie ressemblent aux clichés de cartes postales :
magnifiques et grandioses. No us profitons des grands espaces et du vent. Mais souvent, nous sommes si admiratifs
de tout ce qui nous entoure, paysage, troupeaux de chevaux et nom
ades, que nous en oublions de faire voler nos cerfs-volants.
Direction Arhangay, vers l’ouest de la Mongolie. Nous traversons des paysages immenses où nous sommes au milieu de rien.
Nous empruntons la « route » de Dashinchilen. A Harhorin, nous visitons le Monastère d’Erdene Züü sous un ciel un peu plombé. Une pluie fine nous accompagne.
La construction de ce monastère (3 temples) a commencé en 1586, pour abriter des tangka (peinture sur soie) offertes par le Dalaï-lama au Khan de Mongolie. L’enceinte est composée de 108 stupas.
En1872, il y avait environ 62 temples et plus d’un millier de moines. Mais à l’époque soviétique presque tous ont été rasés (les temples, pas les moines !). Ce n’est qu’en 1990 que des moines ont été de nouveau autorisés à y résider.
Dans l’enceinte du monastèr e (400 m de côté) il reste aujourd’hui le temple du dalaï-lama et trois temples d’Advai Sain Khan, d’architecture chinoise. Un peu p
lus loin, le stupa d’or, entouré de huit petits stupas. En début d’a près-midi, le temps s’améliore et le vent se lève un peu. On sort le flowform et la GoPro, petit matériel pour petit
vent. De plus le grand angle permettra de cadrer cette grande enceinte.
Ouzbékistan - Avant d’arriver dans les villes mythiques de Samarcande et Boukhara, nous avons rendez-vous avec notre ami Michel Passerieux (FFVL), à Parkent, sur l’ancien complexe de recherches spatiales soviétiques de Nievitch.
Après quelques contrôles de police sur la route pour l’enregistrement de nos passeports, nous traversons la campagne vers le four solaire, situé dans les montagnes du district de Parkent. Pour la 23ème année, l’IASS (International Aviation Space School) accueille des adolescents pour un stage d’été. Les intervenants sont des cosmonautes et des astrophysiciens.
Michel y participe avec une animation cerfs-volants et drone et nous a convié à le rejoindre. C’est sympa de le retrouver ainsi à des milliers de Km de chez nous.
Dans la journée nous atteignons les 50°C. Il faut se lever à 5h00, pour faire voler les cerfs-volants construits par les jeunes (modèles Edy et Conynes). Il faut profiter des thermiques, présents uniquement le matin et le soir, et d’une relative fraîcheur (30°C).
Nous faisons une démo de KAP, sans voler très haut, faute de vent. Le but étant surtout de montrer le principe. La directrice du centre nous demande de prévoir une présentation sur l’histoire du cerf-volant et de la photo aérienne. Nous clôturons la soirée en passant le film du festival de cerf-volant de Berck sur mer (2005). Succès garanti !
Après Parkent, nous visitons Tachkent et son un immense bazar « Chorsu ». Comme nous trouvons du diesel au marché noir, nous pouvons continuer vers Samarcande et Boukhara. En plus de visiter les magnifiques madrasas, mosquées, et mausolées, nous passons du temps au Bazar Siyob de Samarcande et dans celui de Boukhara, le bazar Kolkhozny.
C’est là, qu’en chemin nous faisons une rencontre inattendue. Un petit garçon joue au cerf-volantdans la rue. Nous essayons de lui expliquer que nous aussi, dans notre pays, nous jouons au cerf-volant. Il est très fier de nous montrer comment il l’a construit, et surtout qu’il vole très bien. Mais nous ne maîtrisons absolument pas la langue Ouzbèk et nous le laissons partir, sans avoir même pu connaître son prénom.
Kazakhstan - Nous aurions eu la possibilité de voler dans les grandes steppes de ce pays, surtout entre Astana et Almaty : vent et espace libre. Un problème majeur, cette steppe est désertique, aride et sèche, donc pas de sujet à photographier ! Près des villes ou en ville c’est la présence et les contrôles permanents de la police qui ont freiné nos ardeurs.
Nous étions déjà arrêtés plusieurs fois par jour, nous avions notre dose.
L'aventure continue et le tour du monde est pour demain.
A suivre....
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